L’hiver a permis une stabilisation globale de la situation sanitaire, mais l’heure n’est pas au relâchement. La préparation de la prochaine saison vectorielle est cruciale pour protéger nos troupeaux.

Un impact lourd mesuré par l’IDELE et Interbev Le travail conjoint de l’Institut de l’Élevage (IDELE) et d’Interbev a permis de chiffrer les conséquences sanitaires et économiques des récents passages de la MHE, de la FCO-8 et de la FCO-3. Sur la campagne 2024-2025, les pertes directement imputables à ce contexte sanitaire sont estimées à environ 251 600 têtes. Si une surmortalité des vaches et des jeunes veaux a été constatée, c’est surtout la chute brutale de la fertilité (avortements, retards d’entrée en reproduction des génisses) qui a lourdement pénalisé les cheptels laitiers et allaitants. Ces perturbations démographiques affecteront durablement le potentiel national de production de viande bovine, avec une baisse des volumes particulièrement attendue pour 2027 et 2028. (lire les conclusions de l’Étude )

FCO et MHE : La vaccination comme bouclier indispensable Concernant la MHE, la pause hivernale a freiné la diffusion de la maladie : seuls 5 foyers ont été déclarés depuis juin 2025, sans qu’aucun nouveau département ne soit infecté. Un dézonage de plusieurs territoires pourrait même être envisagé fin 2026 si aucun nouveau foyer n’apparaît. Néanmoins, face à ces maladies, le maintien d’une solide protection vaccinale reste incontournable. Il est fortement recommandé aux éleveurs de maintenir la vaccination de leur cheptel reproducteur en priorisant la protection contre les sérotypes 3 et 8 de la FCO, responsables d’importants dégâts l’an passé. Cet acte préventif est à ce jour le meilleur investissement pour limiter les pertes économiques et protéger les naissances.

Surveillance des vecteurs : Un nouveau réseau avec le CIRAD Afin d’anticiper la reprise d’activité des moucherons piqueurs responsables de la transmission de ces virus, la surveillance s’organise. Un tout nouveau réseau de piégeage ciblant les Culicoïdes vient d’être déployé en collaboration avec le CIRAD, GDS France et des GDS départementaux dont le GDS de la Dordogne. Ce maillage permettra de surveiller de près la dynamique des populations de vecteurs à l’échelle nationale pour mieux alerter les éleveurs.

Réseau de piégeage piloté par le CIRAD

DNC : Des signaux positifs sur les mesures de restriction Enfin, la lutte contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) porte ses fruits, permettant des évolutions très positives sur l’allègement des mesures de restriction, notamment en direction des Pyrénées. Certains secteurs ont pu être reclassés en « zone vaccinale II » : ce statut atteste que le dernier foyer a été dépeuplé depuis plus de 45 jours et que l’immunité collective du cheptel y a été atteinte avec succès. Pour consolider ces excellents résultats et empêcher tout retour en arrière, le réseau des GDS a d’ailleurs voté à l’unanimité le maintien de la vaccination préventive dans l’ensemble des zones où elle a déjà été déployée.